Loisirs
Le music-hall
AU milieu du 19e siècle, le propriétaire d'un bistrot londonien eut l'idée d'ouvrir un établissement disposant d'une scène pour accueillir des chanteurs professionnels. Il le baptisa le "Canterbury Music Hall", sans se douter probablement que cette forme de spectacle et une partie du nom qu'il lui avait donné allaient faire le tour du monde et passer à la postérité.
A Paris, à la fin du siècle dernier, le Bata-Clan, la Gaîté (le futur Bobino), les Folies-Bergères, le Moulin-Rouge furent les premiers établissements du genre. Dès cette époque, les programmes s'étaient étoffés et diversifiés : la chanson y tenait une place prépondérante, mais une série d'attractions empruntées à d'autres domaines artistiques allaient peu à peu donner au music-hall sa spécificité. De la comédie, il tira des sketches et des saynètes ; dans la danse, il puisa des éléments du folklore, des figures fantaisistes ou acrobatiques et mit à l'honneur des compositions mettant en scène des bataillons de "girls" ; au cirque il emprunta ses jongleurs, ses équilibristes, ses illusionnistes...
Après la Première Guerre mondiale, le jazz fit son entrée au music-hall et participa au succès de la revue du Casino de Paris.
Pendant des décennies, de grandes vedettes vont contribuer à la renommée du music-hall en France : Max Dearly, Loïc Fuller, Harry Piller, Argentina, Mistinguette, Maurice Chevalier, Joséphine Baker. Et aujourd'hui, Lisette Malidor.
Music-hall et cabaret
En France, le music-hall proprement dit est exclusivement parisien. Il ne peut en être autrement si l'on songe aux coûts que suppose l'entretien (avec des numéros toujours renouvelés) d'une revue permanente composée de plusieurs dizaines d'artistes, de figurants et de nombreux accessoiristes. Les établissements qui présentent des grandes revues, comme les Folies-Bergères ou le Lido, attirent essentiellement une clientèle composée de provinciaux (venant souvent en famille) et d'étrangers voyageant avec des tours-opérateurs.
Au Moulin-Rouge et au Lido, c'est dans le cadre d'une soirée de cabaret (dîner dansant ou simple consommation) qu'est proposé le spectacle de music-hall : ballets de danseuses superbement "déshabillées", tours de chant d'interprètes connus, attractions inédites, etc.
En dehors des géants du music-hall, il existe un grand choix de cabarets dans la capitale. Selon ses goûts, on pourra choisir un dîner-spectacle avec un orchestre tzigane, une revue "avec les plus jolies filles des mers du Sud", un spectacle de chansonniers ou une soirée sous le signe du jazz...
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