Médecine
La photothérapie dynamique (PTD)
LA photothérapie dynamique (PTD) est une méthode originale qui a déjà été approuvée aux Etats-Unis et en Suisse, et devrait prochainement l'être en France.
Indications
Cette thérapie est spécialement indiquée pour les lésions précancéreuses (surtout celles causées par le soleil), ainsi que pour les plaques appelées kératoses actiniques. L'amélioration des autres dommages solaires comme les fines ridules, les pigmentations couperosées et la texture de la peau font aussi partie des effets positifs bénéfiques associés à la PTD. La capacité de diminuer les pores de peau ainsi que de réduire les glandes sébacées est également unique à la PTD. On observe une stabilisation et une franche amélioration des acnés réfractaires, de l'acné rosacée, même l'atténuation de l'apparence de certaines cicatrices d'acné
Beaucoup moins invasive que la chirurgie, moins lourde que la chimiothérapie, la photothérapie dynamique ouvre de formidables voies thérapeutiques en cancérologie. Mais elle n'est pas applicable à tous les types de cancers. Ses premières applications sont déjà passées en usage clinique. Elle est porteuse de formidables espoirs pour la lutte contre les tumeurs dans l'avenir, ainsi que pour plusieurs maladies non oncologiques telles que la ménorragie (saignement anormal de l'utérus) ou l'artériosclérose.
Utilisée pour détruire certaines lésions cancéreuses ou pré-cancéreuses de la peau, la photothérapie dynamique permet également, en cosmétique, de traiter le vieillissement cutané dû au soleil, tel que fines ridules, rougeurs, taches ou élargissement des pores.
Principes de base
La PTD consiste, dans un premier temps, à injecter dans une veine du bras une substance inoffensive dite "photosensibilisante" - qui se retrouve naturellement dans le corps humain (l'acide aminolévulinique, ALA) -, parce qu'elle augmentente la sensibilité à la lumière. L'ALA sera capté surtout par les cellules anormales que l'on veut traiter. Elles le transforment en un agent photosensibilisant (protoporphyrine IX) et l'exposition à la lumière produira des oxydations qui seront néfastes pour ces cellules anormales ; ceci sans affecter significativement les tissus sains.
Il s'agit d'un procédé issu de la recherche en physique optique, sur la demande des praticiens.
Il convient d'abord de trouver la bonne substance à administrer au patient. La Photofrin(tm) est l'une des premières substances possédant ces propriétés et utilisée cliniquement. Certaines de ses applications thérapeutiques sont déjà reconnues par les autorités médicales dans plusieurs pays européens, au Japon et aux Etats-Unis. Son principal désavantage réside dans le fait qu'il faut un temps relativement long (environ un mois et demi) pour que le corps l'élimine complètement. Durant ce temps, la peau du patient présente une hypersensibilité à la lumière naturelle. Pour éviter cet effet secondaire, il suffit pour le patient d'éviter de s'exposer au soleil, ou alors avec un écran total et des lunettes de soleil. De nouvelles substances, actuellement en test clinique, réduisent de beaucoup cette attente.
Il faut ensuite trouver la source lumineuse adéquate. Pour activer le photosensibilisateur, il faut une lumière "pure". Le laser était le candidat tout trouvé. Encore fallait-il le conditionner sous la bonne forme (pour agir sur la Photofrin(tm) il faut qu'il soit rouge) et, surtout, l'amener au bon endroit... Parce qu'une lésion superficielle peut être traitée en surface, mais, quand cette surface se situe dans l'œsophage, l'utérus ou la vessie, il y a d'autres problèmes techniques non négligeables à résoudre...
Mais une chose essentielle est de savoir que la PTD ne s'applique efficacement qu'à des cancers détectés tôt. Ou dans le cas de début de tumeurs détectées lors du suivi de patients déjà traités pour d'autres cancers.
Quand un rayon lumineux frappe un objet, il peut être réfléchi, transmis, dévié ou absorbé. Cela dépend notamment de la longueur d'onde dudit rayon. Dans le cas de la PTD, qui nécessite une lumière homogène et bien dosée pour être efficace, la meilleure solution était le laser, pour sa capacité à fournir une lumière dont la longueur d'onde (couleur), l'intensité et la direction sont facilement et précisément contrôlables. Comment active-t-il le photosensibilisateur ? En absorbant la lumière délivrée par le laser, la structure du photosensibilisateur se modifie. Des électrons se déplacent et des liaisons se modifient. Il en résulte un dégagement d'oxygène sous une forme particulière, très réactive. Et cette forme est hautement toxique pour la cellule.
Déroulement du traitement
Le traitement est individualisé et prescrit selon le type et la sévérité du problème à traiter.
Le visage nettoyé, de l'acide aminolévulinique, ou ALA, est appliqué sur les zones à traiter. L'ALA a cette particularité de rendre les cellules, en particulier les cellules anormales, très sensibles à la lumière. Après un temps de pause de 30 minutes à une heure, le visage est exposé à une source de lumière (LIP, Lumière Intense Pulsée, ou laser) qui détruit les lésions dues à une exposition au soleil répétée.
Certains patients peuvent manifester une réponse excessive et présentent une rougeur plus marquée, particulièrement si la protection contre une exposition à la lumière les premières 24 heures suivant le traitement n'a pas été respectée. Un gonflement temporaire des lèvres et du pourtour des yeux peut également survenir pour quelques jours.
Dans les 48 heures après la séance, la peau pèle ; les tâches pigmentées foncent, pour disparaître en 7 à 10 jours.
Le nombre de traitements peut varier selon le cas. Trois séances, espacées de 2 à 4 semaines, sont généralement nécessaires. Toutefois, certains patients ayant eu un seul traitement seront en général satisfaits du résultat, particulièrement en ce qui concerne les kératoses actiniques
Avantages
La PTD est relativement peu douloureuse et requiert peu de soins après un traitement. Les risques de cicatrisations secondaires ou de dépigmentation sont réduits si l'on pense à certaines autres formes de thérapie où l'on brûle la lésion (par le froid, chimiquement ou à l'aide d'un courant électrique) ou si on l'enlève au bistouri.
La PTD améliore toute la surface cutanée du visage, pas seulement les lésions ciblées.
Ainsi, la PTD est la forme de traitement idéale pour les dommages solaires cutanés puisqu'elle est bien tolérée, n'est pas invasive (sans aiguilles ni chirurgie), n'exige pas d'arrêt de travail, tout au plus certaines précautions de protection sont requises. Comme bonus, elle fournit une intéressante amélioration esthétique de la peau (meilleur tonus cutané, pores de peau plus fines, régularisation de la production du sébum, etc.)
Associer la PTD à la microdermabrasion
Comme le principe de la PTD est de faire pénétrer un médicament photosensibilisant pour ensuite l'exposer à une source lumineuse, il y a tout avantage à obtenir une pénétration maximale et uniforme en combinant ces deux interventions afin d'obtenir un résultat optimal. La microdermabrasion élimine d'abord les débris cellulaires de la surface à traiter et permet de procéder à la PTD en profondeur.
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