Sécurité sociale
Les médicaments génériques
Jean-François Mattei a décidé de baisser de 65 % à 35 % le taux de remboursement de 617 médicaments. Cela a pour but d'encourager l'utilisation des médicaments génériques.
A PARTIR de la première commercialisation d'un médicament
"original" ou "princeps", la protection de celui-ci par un brevet dure vingt ans. Au-delà de
cette période, ce produit peut être copié et fabriqué à des coûts moindres : il s'agit du
médicament générique, tombé dans le domaine public. Un autre laboratoire peut donc le
commercialiser à son tour, soit sous un nouveau nom de marque suivi alors du suffixe Gé,
soit sous sa DCI (dénomination commune internationale) suivie du nom du laboratoire. Ainsi, le médicament générique peut être facilement retrouvé dans tous les pays, contrairement au médicament de marque dont le nom n'est pas toujours le même à l'étranger.
Un médicament générique est donc un médicament qui possède la même efficacité et la même qualité que le médicament habituel, mais il est moins cher. En effet, les coûts de recherche
et développement d'un médicament générique ne sont pas aussi importants que ceux d'un
médicament original de marque. Seules sa forme et sa couleur sont parfois différentes.
Il en existe deux sortes : le vrai et le faux génériques.
Le vrai générique est une copie conforme de la molécule originale dont il représente 50 à
70 % du coût. En France, il représente 20 % de l'ensemble des médicaments dans les
hôpitaux et 5 % seulement dans les officines.
Le faux générique, quant à lui, est une copie maquillée de la molécule originale,
considérée comme une véritable innovation. Lorsque cette dernière est une modification
discrète de la structure moléculaire elle-même, il s'agit d'une copie du médicament original
encore protégé par un brevet, et parfois plus cher que celui-ci. Mais si l'innovation concerne
une modification galénique de pure apparence, on parle de "générique plus", avec pour unique
intérêt un avantage marketing.
En France, le marché du générique est en constante progression (4 à 5 % du marché des médicaments en ville), mais il reste inférieur à celui des Etats-Unis ou de pays européens comme l'Allemagne et la Grande-Bretagne (30 à 40 % du marché du médicament).
Suite à la loi sur le financement de la Sécurité sociale, mise en pratique en septembre 1999, les pharmaciens ont le "droit de substitution" d'un médicament générique au médicament prescrit par un praticien. Aussi, un générique peut lui-même être substitué par un autre générique. Par ailleurs, comme le médicament original, son équivalent générique est lui aussi remboursé par la Sécurité sociale. L'économie réalisée par le marché du générique est de l'ordre de 3 milliards de francs par an. Donc en acceptant le médicament générique, on
participe ensemble à la maîtrise des dépenses de santé.
D'après un récent rapport présenté par le député Jean Bardet à l'Assemblée nationale, en
2001, la part de marché des génériques croît de 0,9 % et se monte à 6,7 % (en volume
total du marché des médicaments remboursables en ville) et à 3,1 % du chiffre d'affaires
hors taxe réalisé par les laboratoires. D'après ce même rapport, le Comité économique des
produits de santé indique que la part en valeur du marché potentiel des génériques (médicaments
de référence et génériques) par rapport au marché global a diminué de 5 % en 2001, évolution
liée au fait que les spécialités génériques correspondent à des classes thérapeutiques
anciennes à taux de croissance réduits. En revanche, la part en valeur prise par les
médicaments génériques au sein de leur marché potentiel a augmenté de 20 % et atteint
22,3 % en 2001.
Aussi, la part de marché des génériques en France est relativement faible par rapport à ses voisins européens, particulièrement l'Allemagne.
L'étude MEDICAM met en évidence la baisse des montants remboursés des produits princeps
génériques. L'étude montre que sur les 100 premiers produits prescrits et remboursés en montants en 2001, 20 sont les produits de référence de groupes génériques pouvant donner lieu à substitution.
Sur la base des données 2001, l'Association française des génériqueurs a estimé que le champ des répertoires pourrait doubler entre 2000 et 2006. L'impact sera d'autant plus fort que les produits concernés dans les prochaines années sont chers.
Donc en acceptant le médicament générique, on participe ensemble à la maîtrise des dépenses de santé.
Montpellier - Juin 2003 Diana BOUAYAD-AMINE
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