Sciences
L'Académie des Sciences
Historique
En 1635, l'abbé Marin Marsenne, Pierre de Fermat, René Descartes, Gilles Personne de Roberval et Pierre Gassend organisent l'Académie parisienne.
Le 22 décembre 1666, l'Académie royale des sciences est fondée. Elle doit son origine au projet de Colbert de créer une académie générale. Il choisit en effet un petit groupe de savants qui s'assemblèrent dans la bibliothèque du roi. Elle comprend 21 académiciens : 3 astronomes, 3 anatomistes, 1 botaniste, 2 chimistes, 7 géomètres, 1 mécanicien, 3 physiciens, 1 non classé.
En 1699, Louis XIV donne à la compagnie son premier règlement ainsi que son titre d'Académie royale et il l'installe au Louvre.
Au XVIIIe siècle, elle contribua au mouvement scientifique de son temps par ses publications et joua un rôle de conseil auprès du pouvoir.
Le 8 août 1793, la Convention supprima toutes les Académies.
Le 22 août 1795, la première classe de l'Institut national des sciences et des arts est mise en place, regroupant les anciennes Académies scientifique, littéraire et artistique.
Le 25 décembre 1797, Bonaparte est admis à 28 ans dans la section des arts mécaniques (classe des sciences physiques et mathématiques).
En 1805, l'Institut national des sciences et des arts fut transféré dans l'ancien Collège des quatre nations.
Le 21 mars 1816, l'Académie royale des sciences retrouva son autonomie tout en participant à l'Institut de France dont le chef de l'État restait le protecteur.
En 1835, sous l'influence de François Arago, furent créés les Comptes rendus de l'Académie des sciences qui devinrent un instrument de première importance pour diffuser les travaux des scientifiques français et étrangers.
En 1910, Marie Curie, prix Nobel de chimie, se présente, soutenue par Emile Faguet, Maurice Donnay et Jules Claretie. Mais l'assemblée générale de l'Institut se déclare hostile à toute candidature féminine au nom des "traditions immuables". Branly, quant à lui, est élu.
En 1918, La section des applications des sciences à l'industrie est créée.
Le 12 mars 1962, Marguerite Perey (1909-75) y est admise comme correspondant.
Le 15 novembre 1976, un décret est émis : 130 titulaires, 80 associés étrangers, 160 correspondants (au plus).
Le 14 mai 1979, Yvonne Choquet-Bruhat (née en 1923) est la première femme admise comme membre (sciences mécaniques).
La structure de l'Académie des sciences s'est modifiée plusieurs fois. Face au développement accéléré de la recherche scientifique en France, elle a engagé, pour rester fidèle à sa vocation, une profonde réforme de ses statuts, tant sur le plan de ses membres que sur celui de ses missions, réforme qui a été approuvée par décret en mai 2002 et janvier 2003.
Composition
144 titulaires (au maximum 120 de moins de 80 ans au 1er janvier de chaque année ; au moins 30 de moins de 60 ans à partir du 1er janvier 1995) dont 5 femmes, 107 associés étrangers au plus, 206 correspondants (de moins de 70 ans).
Il existe deux divisions
- Division des sciences mathématiques et physiques.
- Division des sciences chimiques, naturelles, biologiques et médicales.
Publications
- Les Comptes rendus, qui proposent des articles brefs de travaux originaux et des articles de synthèse.
- La Lettre de l'Académie, revue trimestrielle, qui propose des mises au point sur des sujets d'actualité.
Les missions de l'Académie des sciences
Décret du 31 janvier 2003
- Article 1. L'Académie des sciences de l'Institut de France rassemble des savants français et s'associe des savants étrangers choisis les uns et les autres parmi les plus éminents. Ils apportent leur concours à l'accomplissement des missions de l'Académie.
- Article 2. L'Académie des sciences indépendante et pérenne encourage la vie scientifique, contribue au progrès des sciences et de leurs applications :
- étudie les questions de société liées au développement des sciences et formule des recommandations, éventuellement avec le concours d'autres Académies ;
- concourt au développement des relations scientifiques internationales, notamment au sein de l'Union européenne, et à la représentation à l'étranger de la recherche faite en France ;
- veille à la qualité de l'enseignement des sciences et oeuvre pour que les acquis du développement scientifique soient intégrés dans la culture des hommes de notre temps ;
- encourage la diffusion de la science dans le public ;
- est attentive au maintien du rôle et de la qualité du langage scientifique français.
- Article 3. L'Académie des sciences entretient avec vigilance une réflexion sur la place occupée dans le monde par la recherche menée en France, sur l'organisation de la recherche, sur les orientations des programmes scientifiques, ainsi que sur la technologie et les applications des sciences.
Elle exerce cette activité, seule ou avec d'autres Académies :
- en entreprenant des études de sa propre initiative ou à la demande des pouvoirs publics internationaux, nationaux ou régionaux ;
- en traitant des problèmes de société ayant des composantes scientifiques et en prenant position publiquement par des rapports circonstanciés ;
- en présentant des recommandations, des voeux ou des suggestions concernant des problèmes d'intérêt national ou international ;
- lorsqu'elle y est invitée, en désignant certains de ses Membres pour la représenter dans des conseils ou des comités ou en donnant, sur demande statutaire, son avis sur des nominations.
Elle fait connaître les conclusions auxquelles elle a abouti par des publications, des communiqués ou tout autre moyen qui leur assure une large diffusion.
- Article 4. L'Académie des sciences joue un rôle actif dans le développement des relations scientifiques internationales, notamment européennes :
- en établissant avec les académies étrangères des relations pouvant se traduire par des structures communes, par des accords de coopération et d'échange de savants, par l'organisation de colloques ou par la rédaction en commun de rapports ;
- en assurant la représentation de la France au Conseil international de la science (I.C.S.U) ;
- en élisant des Associés étrangers ;
- en entretenant des coopérations avec les pays en développement ;
- en défendant les hommes de science victimes de violations des droits de l'homme.
- Article 5. L'Académie des sciences, grâce à son approche multidisciplinaire et à ses interactions avec les autres branches du savoir, participe, dans le cadre de l'Institut de France, à la vie scientifique et lui apporte son soutien. En particulier :
- elle aide à définir la politique de la recherche scientifique et technique par l'établissement et la publication de rapports ;
- elle publie rapidement, dans ses "comptes rendus", des articles brefs et des articles de synthèse ;
- elle attribue des prix aux chercheurs et auteurs qu'elle souhaite récompenser ou encourager ;
- elle décerne annuellement une grande médaille d'or internationale ;
- elle présente, lors de ses séances publiques, des travaux originaux ou des exposés de synthèse ;
- elle organise des colloques ou des conférences, sur des thèmes d'actualité, éventuellement en coopération avec d'autres Académies ;
- elle conserve des plis cachetés pouvant servir à établir l'antériorité d'une découverte ;
- elle assure, dans ses archives, la conservation de documents contribuant à la connaissance de l'histoire des sciences et des progrès de la pensée scientifique.
- Article 6. L'Académie des sciences veille à ce que la culture scientifique et le progrès des connaissances soient rendus accessibles à tous :
- en conduisant des réflexions sur l'enseignement scientifique à tous les niveaux, et en proposant des actions adaptées ;
- en promouvant les dimensions européennes et internationales de l'enseignement ;
- en participant à l'information des médias et du public, distinguant ce qui peut être considéré comme acquis de ce qui reste hypothétique ;
- en veillant au respect des règles éthiques dans les activités scientifiques ;
- en oeuvrant à la diffusion de la science en tant que composante de la culture.
Montpellier - 26 Mai 2004
Diana BOUAYAD-AMINE
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