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Histoire

Le Mans : La cité Plantagenêt se découvre


Peu de villes, en France, réunissent un patrimoine bimillénaire. Le Mans est de celles-là.
La ville est connue dans le monde entier pour les 24-Heures... Mais c'est au point que la course automobile a fait oublier son prodigieux patrimoine architectural et artistique.
Ainsi, au début du XXe siècle, la cathédrale Saint-Julien était réputée l'une des plus belles de l'âge gothique. Elle est aujourd'hui ignorée y compris des historiens d'art et c'est afin de réparer cette injustice que les édiles de la "cité Plantagenêt" ont sollicité son inscription au patrimoine de l'Unesco.

André Larané



Une cité gallo-romaine de premier rang

Le Mans, ville de près de 200 000 habitants, sise dans un pays de bocage à 200 kilomètres à l'ouest de Paris, est le chef-lieu du département de la Sarthe.
Elle a été fondée à l'époque d'Auguste, vers 20 av. J.-C., sous le nom de Vindinum. Mais, comme la majorité des chefs-lieux français, elle tire son nom actuel de la tribu gauloise du département, en l'occurrence les Cénomans.
Après les troubles sociaux du IIIe siècle et notamment les révoltes paysannes (les gabaudes, elle fait partie de la centaine de cités gallo-romaines auxquelles l'empereur romain demande de se ceinturer de remparts.
Perchée sur une éminence au-dessus de la Sarthe, affluent de la Maine, la cité se dote donc de remparts en briques et moellons de 1,3 kilomètre. Ils enserrent une dizaine d'hectares et quelques milliers d'habitants.
Fait exceptionnel, une grande partie de ces remparts ont traversé les siècles et nous sont parvenus dans un état remarquable de conservation avec douze tours, une porte et trois poternes.
Ils n'ont servi qu'au IXe siècle, soit cinq siècles après leur construction, quand les Bretons et les Vikings ont attaqué la cité.
Après la christianisation des campagnes gauloises par saint Martin, au IVe siècle, Le Mans bénéficie de la fondation de deux grandes abbayes qui vont contribuer à sa renaissance.
La première, l'abbaye de la Couture, est aujourd'hui occupée par la préfecture. Son église abbatiale est toujours affectée au culte. La seconde, l'abbaye Saint-Vincent, est occupée par un lycée d'enseignement général. Elle se signale par de magnifiques bâtiments de style classique érigés au XVIIe et XVIIIe siècles mais a perdu son église abbatiale pendant les troubles révolutionnaires.
Plus tard fut construite la cathédrale, d'abord consacrée à sainte Scholastique, soeur de saint Benoît de Nursie, avant de l'être à saint Julien, premier évêque de la ville, au IVe siècle.
Ayant brûlé en 1130, elle fut progressivement reconstruite par les Plantagenêt, une grande famille féodale dont Le Mans fut la cité d'attache.
Leur résidence occupait, croit-on, l'emplacement du palais de l'ancien gouverneur romain. C'est aujourd'hui l'Hôtel de Ville,

Naissances augustes

Le comte Geoffroy d'Anjou, surnommé Geoffroy Plantagenêt ou Geoffroy V le Bel, est né en 1113 dans la résidence comtale car son père Foulque V avait épousé l'héritière du comte du Maine, joliment nommée Arembourge.
Geoffroy a été baptisé dans la cathédrale du Mans, avec pour parrain rien moins que le roi d'Angleterre Henri 1er Beauclerc. C'est encore là qu'il épouse sa fille, Mathilde "l'Emperesse" le 17 juin 1128.
C'est là aussi qu'il est inhumé en 1151, dans une tombe décorée d'un émail champlevé à son image, chef d'oeuvre de l'orfèvrerie médiévale, aujourd'hui exposé au musée archéologique de la ville. C'est la première représentation connue d'armoiries, symbole d'une famille ou d'une profession.
Le fils de Geoffroy et Mathilde, le futur roi Henri II d'Angleterre, est aussi né dans la résidence comtale le 5 mars 1133, de même que son fils le futur roi Richard Coeur de Lion. Celui-ci épouse Bérengère de Navarre en 1191, à Chypre, sur le chemin de la Terre Sainte. La reine, devenue veuve, obtient en 1204 la gestion de la cité. Elle est inhumée à l'abbaye de l'Epau, qu'elle a fondée sous le nom de la Pitié-Dieu.
Au Mans sont également nés les premiers rois Valois, Philippe VI et son fils Jean II le Bon. Charles VI, petit-fils de ce dernier, est touché par la folie dans la forêt voisine, le 5 août 1392, en partant combattre les Bretons...

Floraison médiévale

La cathédrale Saint-Julien a été implantée - ce n'est pas un hasard - sur un site mégalithique, autrement dit un lieu sacré de la Préhistoire. Il en reste un menhir, adossé à l'édifice.
La nef témoigne encore des réminiscences du roman tandis que le transept et le choeur, dont les travaux commencent en 1217 pour s'achever en 1230, attestent de l'ordre gothique dans toute sa splendeur, avec des vitraux et des verrières parmi les plus beaux et les plus anciens de France.
Le vitrail de l'Ascension est le plus ancien vitrail encore en place dans un édifice religieux.
Notons sur les bas-côtés un décor bicolore qui rappelle la basilique de Vézelay.
Notons aussi le double déambulatoire autour du choeur, destiné aux nombreuses processions pieuses.
A l'arrière du choeur, la chapelle des Anges musiciens doit son nom à la magnifique décoration de la voûte, avec pas moins de quarante-sept anges.
Vraisemblablement une création de Jean de Bruges, également connu comme le dessinateur de la tapisserie de l'Apocalypse, à Angers, à la fin du XIVe siècle.
Certains des instruments de musique, comme l'Echiquier, ont aujourd'hui disparu et ne sont plus connus qu'à travers cette peinture.
Après la Contre-Réforme, au XVIe siècle, dans le souci de réagir à l'austérité luthérienne, l'Eglise catholique a le souci de décorer tant et plus ses lieux de culte.
C'est ainsi qu'au Mans éclosent des ateliers de statues en terre cuite polychrome, le plus connu étant celui du sculpteur Germain Pilon, originaire de Loué.
De la fin du Moyen Age et de la Renaissance, Le Mans conserve une centaine de maisons bourgeoises en pan-de-bois - ou à colombages - qui témoignent de la prospérité de la cité.
Les plus anciennes présentent un encorbellement, autrement dit un surplomb qui permet, d'étage en étage, d'augmenter la surface habitable.
Ces encorbellements disparaissent au XVIe siècle à la suite d'un édit royal.
Le Mans connaît néanmoins un relatif déclin aux temps modernes.
Notons que le poète libertin Paul Scarron, ayant été éloigné de Paris sur ordre du roi Louis XIII, y séjourne en qualité de secrétaire de l'évêque. Ici, il écrit son oeuvre la plus connue, Le Roman Comique, rien d'autre qu'une satire de la bourgeoisie mancelle !

Industrialisation créative

Après la Révolution, la ville entre en concurrence avec ses rivales Angers et Tours, l'une et l'autre éloignées de moins d'une centaine de kilomètres, Angers étant chef-lieu du Maine-et-Loire voisin et Tours de l'Indre-et-Loire.
Bien que Le Mans possède une bourgeoisie fortunée mais discrète, plus importante que dans la moyenne des villes françaises si l'on en croit les statistiques fiscales.
Elle n'en a pas moins une réputation de cité ouvrière et combattive, où l'Eglise catholique a une influence bien moindre que chez ses rivales Angers et Tours.
Ne parle-t-on pas des "bourgeois d'Angers, messieurs de Tours et gars du Mans" ?...
Les assurances sont aujourd'hui le principal employeur de la ville avec environ 3500 emplois. Cette activité remonte au début du XIXe siècle. Elle est antérieure aux grandes industries mancelles.
Celles-ci doivent beaucoup à l'inventivité et au dynamisme d'Amédée Bollée, issu d'une famille de fondeurs de cloches, qui, à la fin du XIXe siècle, s'est lancé dans des innovations tous azimuts dont le moteur à explosion.
En 1906, c'est assez naturellement que les frères Wright viennent au Mans présenter leur invention, l'avion. Et c'est ici, aux abords de la ville, qu'ont lieu les premiers vols homologués d'Europe en 1908.
A la faveur des deux guerres mondiales, la ville bénéficie aussi de relocalisation d'industries stratégiques. Et à la Libération, Renault y implante l'une de ses principales usines de montage.
Les 24-Heures du Mans, nées en 1923, sont issues du premier grand prix automobile de France, en 1906. Le circuit, en bordure de ville, est encore utilisé 300 jours par an. La compétition elle-même attire de très nombreux étrangers dont plus de 50 000 Britanniques, ce qui fait d'elle la première course anglaise !
Elle est devenue très vite l'une des plus célèbres compétitions du monde et sans doute le deuxième événement le plus médiatisé de la planète après les Jeux Olympiques, au point de faire oublier les autres facettes de sa ville. Voilà un oubli réparé.

19-10-2016

Source : Herodote.net





Diana BOUAYAD-AMINE
Artiste peintre
Collages et peintures
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