Livre
Entretien avec Christine OCKRENT
Journaliste, elle est l'auteur du livre "La double vie de Hillary Clinton", paru chez Robert Laffont. Elle était jeudi 28 mai à Montpellier, invitée par la librairie Sauramps.
La Citoyenneté : A la page 18, vous parlez du rituel politique. N'est-ce pas de la comédie et de l'hypocrisie ?
Christine OCKRENT : Ce sont les deux à la fois. Le rituel, c'est le fait de fournir un certain nombre de signaux qui ont un sens pour les gens auxquels on s'adresse. Il existe également une part de comédie, bien sûr.
La Citoyenneté : Dans votre livre, vous citez souvent les tenues vestimentaires de Hillary Clinton. Mais la femme en politique ne se résume pas uniquement à un tailleur ?
Christine OCKRENT : Je raconte ça parce qu'il s'agit d'une femme. Le regard sur une femme est toujours beaucoup plus exigeant. C'est d'ailleurs la même chose chez nous en France. Une femme peut mieux comprendre cela qu'un homme. Nous vivons dans des systèmes très médiatisés.
La Citoyenneté : Ne se dégage-t-il pas de votre livre - Histoire de Bill et Hillary Clinton - que les hommes ont besoin des femmes pour réussir en politique ?
Christine OCKRENT : Les hommes ont toujours besoin des femmes. Nous sommes dans une société qui accorde beaucoup plus de place aux femmes. Toutefois, il ne faut pas généraliser. Bertrand Delanoë a gagné la Mairie de Paris sans le soutien d'une femme.
La Citoyenneté : Dans l'affaire Monika Lewinsky, le fait que le couple Clinton n'ait pas divorcé dénote-t-il une solidité ou une superficialité de ce couple ?
Christine OCKRENT : Je pense que Bill et Hillary Clinton vivent une union très forte. C'est pour cela que le couple a pu tenir.
La Citoyenneté : A la page 152, Hillary Clinton dit : "Moi, je pense que ceux qui ne votent pas perdent le droit de se plaindre." Mais est-ce que ce ne sont pas les scandales répétitifs du couple Clinton qui poussent les Américains à ne plus voter ?
Christine OCKRENT : Si on est un bon citoyen, il vaut mieux voter. Dans toutes les grandes démocraties, la plupart des gens votent de moins en moins. Ce n'est pas propre au système américain. Remarquez en France, nous sommes en face du même phénomène "l'abstention".
La Citoyenneté : Quels sont les rapports de Hillary Clinton avec la presse ?
Christine OCKRENT : Ce sont des rapports tendus. Hillary Clinton s'est beaucoup méfiée de la presse, d'autant plus qu'elle était candidate et épouse de Président. Aux USA, la presse est beaucoup plus pénible que chez nous.
La Citoyenneté : Si vous deviez définir Hillary Clinton en quelques mots ?
Christine OCKRENT : Ambition et travail.
Montpellier - le 1er juin 2001
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