Colloque
Drogues : Que peuvent les élus ?
Le Forum des Etats Généraux de l'Ecologie Politique du vendredi soir à Montpellier a traité les problèmes de santé et de sécurité publique liés aux drogues ?
C'EST en présence d'Hélène Mandroux-Colas, première adjointe au maire au Maire de Montpellier, que s'est ouvert le Forum des Etats Généraux de l'Ecologie Politique le vendredi 2 février 2001 à Montpellier.
Un colloque organisé autour du thème : "Drogues : Les villes et la réduction des risques."
Depuis 1994, grâce au combat des associations, une politique de réduction des risques sanitaires et sociaux liés à l'usage de drogues permet de proposer d'autres soins et aides diverses, sans recours au chantage et sans préalable. Il s'agit notamment des traitements de substitution à l'héroïne (méthadone et subutex), des boutiques (accueil, écoute, échange de seringues) et des équipes de rue.
La première adjointe au maire de Montpellier déclare : "Je suis concernée par ce phénomène en tant que médecin. J'ai des patients sous subutex qui se sont réinsérés, et d'autres malheureusement pas."
France Lert, chercheur à l'INSERM, précise : "La population d'utilisateurs de drogues reste la plus atteinte par le virus du SIDA. L'accès aux seringues a été le premier pas vers la prévention. C'est grâce aux médecins libéraux et aux services VIH que les usagers de drogues ont été pris en charge."
Anne Coppel, Présidente de l'Association Française de Réduction des risques liés à l'usage de drogues (AFR), déclare : "Les politiques et les personnels de soins n'ont pas voulu utiliser le mot catastrophe, or un usager sur deux meurt du SIDA. Donc, il s'agit bien d'une catastrophe. Toutefois, il y a eu une diminution de 80 % des overdoses mortelles." Elle ajoute : "Cette politique de prévention repose sur deux points importants : d'une part, on ne change pas le comportement des usagers par la contrainte ; d'autre part, même les usagers de drogues sont obligés de changer de comportement."
Annie Donato, Conseillère municipale à Saint-Denis, précise : "Nous avons conscience de tous les progrès qui restent à faire. Nous avons la chance de disposer de quatre dispensaires."
Béatrice Dumond, Conseillère municipale déléguée à l'Hygiène et à la Santé à Nîmes, déclare : "Nîmes est une ville pionnière dans la réduction des risques en province. Elle a été la première en France à avoir accepté, en juillet 93, un distributeur automatique de seringues."
Mettre les seringues à la portée des utilisateurs s'inscrit dans une démarche de prévention et de réduction de risques. Dans l'Hérault, les acteurs du monde associatif ont distribué 1 080 766 seringues.
Miguel De Andres, psychiatre "de rue" à Barcelone, témoigne : "Il existe la jolie Barcelone et celle que les élus refusent de montrer. A la mairie, ils ne veulent pas reconnaître que les gens dorment dans la rue."
Christophe Mani, responsable d'un groupe Sida à Genève, précise : "Depuis 1991, la Suisse a mis en place une politique dite des 4 piliers : prévention, thérapie, réduction des risques et répression."
Montpellier - 04 Février 2001
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