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Histoire

Regards sur l'enfant : Epoque moderne : l'enfant éduqué et cajolé


Une mutation s'opère au XVIIe siècle. Après avoir été vénéré au Moyen Age, l'enfant devient un objet d'affection filiale et son éducation mobilise des efforts croissants. 
La société occidentale lui accorde un statut d'adulte en devenir, premier signe d'une mutation profonde que les siècles suivants poursuivront dans des proportions inédites.

Un soin permanent

A l'aube de ce que l'on a aussi surnommé le Siècle de l'éducation, le futur Louis XIV bénéficie des efforts de divers précepteurs, chacun maîtrisant un domaine précis comme le montrera Le Bourgeois gentilhomme de Molière (1670).
Ces spécialistes de l'histoire, des arts ou de la religion, ces maîtres de musique ou d'escrime mais surtout ces professeurs de danse vont apporter au petit héritier du trône connaissances et adresse, aussi bien dans l'exécution des menuets qu'en matière de décisions politiques.
Devenu roi, Louis XIV confie son petit-fils à Fénelon dont la méthode consiste à donner de bons modèles à l'enfant pour qu'il agisse par imitation. C'est pourquoi, dans son célèbre roman d'apprentissage Télémaque (1699), il associe à son jeune héros un précepteur plein de sagesse, Mentor.
Mais tous les enfants n'ont pas la chance d'avoir un enseignant à domicile : la plupart de ceux qui ont accès à l'éducation doivent se rendre à l'école dont le réseau ne cesse de se densifier, pour le plus grand contentement des parents à une époque où la famille resserre ses liens.
Notons cependant que les petites filles, malgré l'expérience du pensionnat des Demoiselles de Saint-Cyr créé par Madame de Maintenon en 1684, devront encore attendre pour sortir de chez elles !

"Respectez l'enfance" ! (Rousseau)

Le XVIIIe siècle va accentuer le virage amorcé au XVIIe. On se penche enfin avec intérêt sur ce petit qui traîne dans nos pattes, on l'observe, on le teste. L'enfant ignoré, incapable de faire preuve de raison et de se tourner vers Dieu, devient l'enfant-roi désiré et choyé par toute sa famille.
Cette évolution vient en grande partie des hommes d'Eglise qui valorisent l'image de l'enfant Jésus tout en multipliant les innovations en matière d'instruction, en particulier chez les jésuites, pédagogues hors pair.
Au milieu du siècle, ce sont les philosophes des Lumières qui, aspirant au bonheur pour tous, s'interrogent sur la meilleure façon d'y parvenir en donnant toutes les chances aux futurs adultes.
On refuse désormais la fatalité des décès précoces : c'est ainsi que pendant près de vingt-cinq ans, Madame du Coudray a parcouru les routes, mannequin sous le bras, pour éclairer les matrones sur les mystères de la physionomie féminine.
Il faut aussi limiter les naissances pour mieux s'occuper du bambin et l'élever selon les principes du "best-seller" de l'époque, L'Emile de Jean-Jacques Rousseau (1772).
Fini l'adulte en réduction : l'enfant doit être considéré simplement comme... un enfant ! Il suffit de cultiver lentement ses instincts naturels tout en respectant sa liberté et son innocence.
Plus d'emmaillotage et de corsets, de châtiments corporels et de larmes, le corps est amené à se développer en toute autonomie loin des livres, que Rousseau lui-même prétend détester.
C'est pourtant à cette époque que paraissent en Angleterre les premiers ouvrages de loisir destinés spécifiquement aux enfants, même si fables et contes avaient déjà ouvert la voie au siècle précédent. Avec la mort dramatique de Paul et Virginie, les héros parfaits de Bernardin de Saint-Pierre (1787), c'est la France entière qui sanglote et s'empresse de cajoler sa progéniture (...). 

Petits princes fragiles

Au XXe siècle, la psychanalyse va inspirer les pédiatres comme Françoise Dolto pour qui l'adolescent est "un homard pendant la mue […], confronté à tous les dangers" (Le Complexe du homard, 1991). De fait, malgré ou à cause du bien-être économique, les Trente Glorieuses vont se révéler pleines de tentations dangereuses pour les nouvelles générations, de la publicité aux jeux vidéos.
Avec la maîtrise de la fécondité, les enfants sont désormais non seulement désirés mais programmés. Avec le développement du salariat féminin, c'est aussi de plus en plus par la garderie et l'école que passe leur socialisation.
Dans le même temps, nombre de couples explosent et génèrent des familles dites "recomposées" où l'enfant doit se faire une place entre parents biologiques et beaux-parents en attendant de pouvoir s'émanciper.
Beaucoup d'adolescents en révolte et tentés par les comportements à risque sont susceptibles de reprendre à leur compte le cri de rage d'André Gide : "Famille, je vous hais !" L'enfance et l'adolescence conservent leur lot de souffrances.

Source : Herodote.net

25-01-2017





Diana BOUAYAD-AMINE
Artiste peintre
Collages et peintures
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