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Histoire

Paray-le-Monial : La plus belle fille de Cluny


Au sud de la Bourgogne, le département de Saône-et-Loire offre de belles découvertes à tous les amoureux du patrimoine, loin, très loin de l'agitation urbaine.
Entre Autun et Cluny, au milieu de la campagne charolaise et de ses troupeaux, Paray-le-Monial allie de façon toujours vivante l'art roman et l'art contemporain, l'art sacré et les arts décoratifs.
C'est une ville de dix mille habitants, aux chaudes maisons de brique et de tuiles, lovée au bord d'une rivière et d'un canal, et dominée par la basilique Notre-Dame, héritière d'un important prieuré clunisien.

Un prieuré dynamique

Ce chef-d'oeuvre de l'art roman  a été construit par étapes aux XIe et XIIe siècles.
Son  histoire commence il y a mille ans avec la fondation d'un monastère par le comte de Chalon, au milieu d'une lande vierge.
Le monastère est rattaché à la prestigieuse abbaye de Cluny, distante d'une cinquantaine de kilomètres, et en devient l'un des plus importants prieurés.  Ses moines participent activement au défrichement et à la mise en valeur de la région.
Quand ils décident, au début du XIIe siècle, de reconstruire leur église, ils s'inspirent très directement de celle de Cluny, qui a été jusqu'à sa destruction sous la Révolution la plus vaste église de la chrétienté.
Aujourd'hui, en regardant le chevet de Notre-Dame de Paray, on peut ainsi deviner à quoi ressemblait l'église-mère de Cluny. Ce chevet, constitué par le choeur et le transept de l'église, intrigue et émeut par l'articulation de ses volumes et de ses toitures.
L'église a été habilement restaurée au XIXe siècle, sous le Second Empire, par Eugène Millet, un disciple d'Eugène Viollet-le-Duc.
Au tournant du XXIe siècle, elle a bénéficié d'une cure de jouvence avec, dans la nef, des peintures respectueuses des couleurs romanes. En enlevant les anciens enduits, les restaurateurs ont mis à jour au-dessus du choeur une grande fresque du XVe siècle représentant le Christ en majesté (Pantocrator, littéralement "maître de tout, tout-puissant").
Des artistes contemporains ont complété la décoration intérieure avec des luminaires en métal et un chemin de croix en mosaïque, l'un et l'autre en parfaite harmonie avec l'esprit du lieu.

Regain de piété

Après un déclin dû  à l'affaiblissement de l'ordre clunisien, Paray-le-Monial a retrouvé une prospérité quasi-miraculeuse au XIXe et au XXe siècles grâce aux pèlerinages ; pèlerinages qui n'ont rien à voir avec l'antique basilique... 
Sous le règne de Louis XIV, entre 1673 et 1679, le Christ en personne serait apparu à quatre reprises à Marguerite-Marie Alacoque, religieuse du couvent de la Visitation, et lui aurait montré son coeur souffrant. 
Grâce à l'intercession  du père jésuite Claude La Colombière, l'Eglise catholique consent à reconnaître ces apparitions, les seules qui impliquent le Christ lui-même.
Autour d'elles se développe le culte du Sacré-Coeur
Il prend une singulière ampleur à la fin du XIXe siècle. Ainsi construit-on à Paris, sur la butte Montmartre, une église de ce nom. 
Quant à Paray-le-Monial, elle devient un lieu de pèlerinage majeur et reçoit dans ses meilleures années plusieurs centaines de milliers de fidèles.
Ceux-ci vont se recueillir dans la chapelle de la Visitation et se rassemblent aussi derrière Notre-Dame, dans une "nef de verdure".
Le sanctuaire et les pèlerinages sont aujourd'hui gérés par la Communauté de l'Emmanuel, une communauté charismatique fondée en 1972 dans la foulée du concile Vatican II.

Art sacré

Les miracles ne s'arrêtent pas là. Au pèlerinage de 1873, le père Victor Drevon sympathise avec un jeune et riche bourgeois, Alexis de Charachaga. Il lui fait part de son désir de constituer un musée autour de l'Eucharistie (la transformation du pain et du vin en corps et sang de Jésus-Christ, au cours de la messe). Son interlocuteur décide de consacrer sa fortune au projet. 
Ainsi va naître à Paray-le-Monial, en 1893, le premier musée d'art sacré de France, le musée eucharistique du Hiéron (d'un mot grec qui veut dire sacré). C'est l'un des premiers bâtiments conçus dès l'origine pour la fonction de musée.
D'une grande élégance tant dans l'architecture que dans le décor, le musée propose aujourd'hui une approche culturelle du sentiment religieux de l'Occident chrétien, des origines à nos jours, à travers des oeuvres d'art et des objets de piété de toutes sortes.
Fait remarquable, le musée inspire la gaieté et la curiosité. La conservatrice Dominique Dendraël a choisi de rapprocher des oeuvres de toutes les époques, y compris du XXIe siècle, autour d'un même thème, par exemple l'Eucharistie ou, comme ci-dessous, la Croix, avec au centre, une oeuvre de Valérie Colombel.
Les enfants bénéficient d'un effort particulier. Jeux et commentaires didactiques leur permettent d'accéder à la compréhension du fait religieux, selon le voeu du philosophe Régis Debray.

Cité mosaïque

De l'autre côté du canal du Centre, on accède aux anciens quartiers industriels et ouvriers. Bien desservie par l'eau et le chemin de fer, proche des gisements miniers de Montceau-les-Mines et des forges de Gueugnon, la ville a connu au XIXe siècle une importante activité industrielle. 
Un entrepreneur lorrain, Paul Charnoz, y a créé en 1877 une entreprise de carrelage décoratifs en faïence. Artiste dans l'âme, il a obtenu nombre de récompenses dans les Expositions universelles avec des créations très raffinées. Après avoir compté jusqu'à 2000 ouvriers, son entreprise - Cérabati - a fermé en 2006. 
L'aventure ne s'est pas arrêtée là. Des nostalgiques ont ouvert un petit musée Paul Charnoz dédié à la céramique et, plus surprenant, des artistes de toutes régions et de tous pays spécialisés dans la mosaïque ont pris l'habitude de se retrouver à Paray-le-Monial, faisant de celle-ci la "cité mosaïque".

André Larané

Source : Herodote.net

18-01-2017





Diana BOUAYAD-AMINE
Artiste peintre
Collages et peintures
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