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Histoire

Regards sur l'enfant : Moyen Age : le Salut vient de l'Enfant


L'entrée dans l'ère chrétienne bouleverse la vision portée sur l'enfant. Celui-ci n'est plus un gêneur que l'on abandonne, expose ou sacrifie. Instruits par le Nouveau Testament, le clergé et les élites le regardent désormais, dans sa fragilité et son innocence, comme un préposé au Royaume de Dieu.
Les artistes ne s'y trompent pas en privilégiant les scènes de tendresse entre le fils du Créateur et ses proches.

L'enfant, symbole d'innocence

Jésus lui-même ne cesse de valoriser le jeune âge, synonyme d'innocence : "Laissez venir à moi les petits enfants ! Ne les empêchez pas, car c'est à leurs pareils qu'appartient le Royaume de Dieu" (Evangile de saint Marc, Ier siècle).
Le puer (qui viendrait du latin puritas"pureté") est vu comme un être à part, semblable aux anges auxquels il va donner son apparence. Son innocence en fait un intermédiaire tout trouvé entre l'homme et Dieu, et il n'est donc pas étonnant qu'à partir du XIIe siècle le culte de l'enfant Jésus se développe avec le point d'orgue des fêtes de Noël.
C'est aussi à cette époque que l'on s'inquiète du sort des nouveau-nés non baptisés et donc condamnés à l'Enfer, puisqu'ils sont comme tout un chacun marqués par le péché originel.
Pour éviter cette cruauté, on commence à évoquer les limbes ("bordures"), lieu un peu flou qui leur éviterait les tourments éternels sans pour autant que leur soit accordé l'accès au Paradis. Cette création montre toute la bienveillance accordée à l'enfant au Moyen Age, même si la réalité était moins douce.
Pour le monde médiéval en effet, l'enfant reste un petit être inachevé qu'il va falloir rapidement modeler. On commence par l'enfermer dans un cocon en l'emmaillotant de la tête aux pieds pour lui éviter toute liberté de mouvement afin qu'il ne déforme pas ses petits membres.
Quelle tranquillité aussi pour les parents ! Et tant mieux si la crasse s'y complaît puisqu'il était entendu jusqu'au XVIIe siècle qu'elle avait un rôle protecteur. On comprend mieux que le taux de mortalité infantile est longtemps resté très élevé et que les familles ne s'attachent guère à ces "pouparts" trop fragiles (dans l'Ancien Régime, un enfant sur quatre meurt dans ses premiers mois et près de la moitié n'atteignent pas l'âge adulte).
"J'ai perdu deux ou trois enfants en nourrice, non sans regrets, mais sans fâcherie" fera dire Molière à son Malade imaginaire, preuve que ce sentiment a longtemps perduré. On ne voit souvent dans l'enfant qu'une source de distraction, un "passe-temps, comme des guenons, non comme des hommes" (Montaigne, Essais, XVIe siècle)...

Source : Herodote.net

19-01-2017





Diana BOUAYAD-AMINE
Artiste peintre
Collages et peintures
Page de Diana BOUAYAD-AMINE, artiste peintre


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