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Histoire

La tapisserie de la reine Mathilde : Hastings comme si vous y étiez


Le 14 octobre 1066, la bataille d’Hastings a livré au duc Guillaume de Normandie et à ses descendants le trône d’Angleterre.
Si l’événement paraît encore si proche de nous, près de mille ans après, c’est en grande partie grâce à la tapisserie de Bayeux ou "tapisserie de la reine Mathilde", trésor de l’humanité, source historique majeure. Et aussi ancêtre de la bande dessinée.

Les guerres féodales en vrai

La victoire du duc de Normandie Guillaume, le 14 octobre 1066 face à l’armée du roi anglo-saxon Harold Godwinson, va lui ouvrir la route de Londres où il sera sacré roi d’Angleterre, le 25 décembre de cette même année.
Et même si la conquête normande de l’Angleterre ne sera véritablement achevée que plusieurs années plus tard, la bataille d'Hastings marque un tournant dans l’histoire de ce pays, dont elle inaugure la période anglo-normande.
La tapisserie nous raconte cette entreprise mais pas seulement.
Elle relate aussi une expédition de Guillaume et de son armée jusqu’en Bretagne, avec la traversée du Couesnon au cours de laquelle plusieurs hommes manquent de périr dans les sables mouvants et les attaques contre Dol, Rennes et Dinan.
Elle peut être considérée comme l’ancêtre de la bande dessinée, avec une succession de scènes soulignées d’un texte.
Son intérêt, il est vrai, va bien au-delà des récits de batailles. La tapisserie apporte surtout une mine d’informations exclusives sur la vie de nos aïeux du XIe siècle.
Ainsi nous apprend-elle comment s’habillaient les paysans et les guerriers, comment ils cuisinaient, chassaient et se déplaçaient, comment ils construisaient aussi les navires. Les historiens, romanciers, peintres, cinéastes et autres scénographes et reconstituants s’en inspirent très directement pour représenter la première féodalité.

Mystérieux commanditaire

Reste à savoir qui est à l'origine de ce chef-d'œuvre laineux. La plupart des historiens s’accordent aujourd’hui pour penser que son commanditaire est Odon de Conteville, demi-frère de Guillaume et évêque de Bayeux. Il aurait fait exécuter la tapisserie par des artisans de la région de Cantorbéry pour orner sa cathédrale qu’il était en train de reconstruire.
A l’époque, Cantorbéry et sa région étaient connues pour la qualité de leurs ateliers de broderie.
De plus se trouvait à Cantorbéry l’abbaye Saint-Augustin, dont le scriptorium a produit de magnifiques manuscrits. Le texte latin de la tapisserie a été écrit comme un Anglais de l’époque l’eût fait, et non pas comme un Français ou un Normand.
Enfin, son style pictural rappelle les enluminures sorties du scriptorium de l’abbaye Saint-Augustin.
Tous ces éléments donnent à penser que la tapisserie a bien été commandée par Odon à des artisans saxons de la région de Cantorbéry. Sans doute autour des années 1070-1075, car le tissage des neuf lés sur un même métier et la broderie ont dû nécessiter de nombreuses années de travail.

Pérégrinations aventureuses

Faute d’archives, on suppose que la tapisserie, étant amovible, a été exposée dans différents châteaux et églises de part et d’autre de la Manche.
Tout ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’en 1476, elle ornait la cathédrale de Bayeux, comme l’atteste l’inventaire conservé aux Archives départementales du Calvados.
Elle va échapper de la sorte aux incendies comme aux pillages puis au sac de la cathédrale par les huguenots en 1562. Au XVIIIe, elle est redécouverte par le monde savant.
En 1792, quand la France de la Révolution entre en guerre contre l'Europe, des volontaires s’en emparent pour bâcher leur chariot. Elle est sauvée de justesse par un érudit local, qui se lance à la poursuite du chariot et propose de payer de ses propres deniers une bâche pour récupérer la tapisserie.
Après bien des vicissitudes, elle jouit enfin d'un repos mérité au Centre Guillaume le Conquérant installé rue de Nesmond, Bayeux, dans les locaux de l’ancien Grand Séminaire.

L'auteur : Jean-Charles Stasi

Journaliste de presse écrite depuis 1985, Jean-Charles Stasi collabore régulièrement aux revues Moyen Age magazine39-45 MagazineNormandie 44 Magazine, ainsi qu’aux hors-série du journal Ouest France.
Il est l’auteur d’une vingtaine de livres, dont bon nombre consacrés à la Seconde Guerre mondiale.

08-01-2017

Source : Herodote.net





Diana BOUAYAD-AMINE
Artiste peintre
Collages et peintures
Page de Diana BOUAYAD-AMINE, artiste peintre


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