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Histoire

La neutralité suisse : 1 - Des origines à la guerre de Trente ans


A la "bataille des géants" (Marignan, 1515), les Confédérés connaissent une sanglante défaite face au roi François 1er. Mais dès l'année suivante, à Fribourg, ils concluent avec la France une "paix perpétuelle" qui sera constamment renouvelée jusqu’à la Révolution française.
C'est la fin d'une longue tradition guerrière qui avait valu aux montagnards suisses une réputation de redoutables et cruels combattants avides de pillages. Aux XVIe et XVIIe siècles, les Suisses n'en seront pas moins affectés par les guerres de religion et principalement la guerre de Trente Ans (1618-1648). 
Malgré ou à cause de leur violence passée et de ces épreuves, ils vont s'accrocher à leur neutralité, ce qu'ils appellent "rester tranquille et silencieux", c'est-à-dire ne pas intervenir dans les conflits étrangers. Elle leur permettra jusqu'à nos jours de se tenir à l'écart des guerres européennes et, plus important encore, de préserver la paix intérieure entre les différents cantons.

Le traité de paix perpétuelle

François Ier et les Treize Cantons helvétiques concluent donc le 29 novembre 1516 une "paix perpétuelle", au sens de "durée non limitée". Les négociations se sont engagées sur la base des propositions faites par le roi aux Suisses le 8 septembre 1515 à Gallarate, dès avant la bataille de Marignan.
Par ce traité, les cantons reçoivent 700 000 écus d'or. Chacun touche une pension annuelle, de même que des pays alliés comme le Valais, les ligues grisonnes, l'abbé de Saint-Gall, le comte de Toggenbourg, la ville de Mulhouse et le comte de Gruyères.
Les négociants helvétiques continuent à bénéficier de privilèges à Milan et Lyon, villes de foires. Le roi de France reconnaît aux Confédérés la possession de l'actuel canton du Tessin ainsi que la région de la Valteline avec Bormio et Chiavenna.
Les Confédérés s’engagent en retour à épargner le Milanais, promettent de ne plus combattre la France et autorisent par ailleurs le roi à lever chez eux des troupes dont les effectifs peuvent varier entre 6 000 et 16 000 hommes.
Les cantons s'autorisent à fournir des régiments ou des compagnies aux princes qui en font la demande, sous réserve qu'ils ne soient pas engagés contre la France.
Cette paix perpétuelle, peut-être la seule qui mérite son nom, sera prolongée par un traité d'alliance défensive signé le 5 mai 1521.
Elle restera jusqu'à la Révolution française un pilier de la diplomatie et de la politique intérieure helvétiques et connaîtra une fin tragique le 10 août 1792 avec l'assaut des Tuileries par la foule parisienne. Le roi Louis XVI sera arrêté après des combats qui coûteront la vie à six cents de ses gardes suisses.

Mercenariat et "service capitulé"

Suite à leurs succès dans les guerres de Bourgogne et à la reconnaissance de leur valeur militaire, les montagnards suisses ont acquis l'habitude de s'engager comme mercenaires dans les armées européennes.
Après la bataille de Marignan, les cantons prennent les choses en main et négocient avec les princes étrangers des capitulations, c’est-à-dire des conventions aux termes desquelles ils livrent une troupe moyennant des avantages économiques et douaniers ainsi que des pensions pour les recruteurs et les officiers. Ces troupes ont un drapeau avec la croix traditionnelle des Confédérés, sont commandées par des officiers suisses et peuvent être rappelées par leur canton si celui-ci vient à être menacé !
Le Saint-Siège est le dernier État autorisé à conserver un service capitulé. Celui-ci s'est illustré le 6 mai 1527, quand les lansquenets allemands de l'empereur Charles Quint ont mis à sac la ville de Rome. 147 gardes suisses ont alors péri en défendant l'escalier menant au tombeau de saint Pierre, pendant que 42 autres couvraient la fuite du pape Clément VII au château Saint-Ange. Depuis lors, le 6 mai est devenu la date de l’assermentation des recrues. La Garde suisse pontificale compte aujourd'hui 110 hommes. Ils portent un uniforme dessiné au début du XXe siècle par leur commandant, le colonel Repond.

L'auteur : Hervé de Weck

Hervé de Weck est citoyen suisse, historien et colonel de milice des troupes mécanisées. Officier de renseignement dirigeant du corps d'armée de campagne 1 (1992-2003). Responsable des publications de la Société jurassienne des officiers et de la Commission suisse d’histoire militaire. Secrétaire général adjoint et trésorier de la Commission internationale d'histoire militaire (1980-2005). Rédacteur en chef de la Revue militaire suisse (1991-2006).

03-11-2016

Source : Herodote.net





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