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La Fête de la Citoyenneté
Du Mercredi 13 au Samedi 30 Novembre 2013



Politique

René Coty
"En avant avec le sourire"


RENE Coty naît le 20 mars 1882 au Havre.
Il fait ses études primaires et secondaires au collège Saint-Michel, connu au Havre sous le nom de "Pension Coty", école libre fondée par son grand-père et dirigée par ses parents. L'établissement impose des règles strictes, prône la tolérance et accueille des élèves catholiques et protestants. Sa vie entière, René Coty restera marqué par les convictions républicaines de son père.
Il obtient à l'âge de 16 ans un double baccalauréat en sciences et en lettres, et quatre ans plus tard, une licence en droit et une licence en philosophie. Dès son entrée à l'université de Caen, il participe activement à l'association générale des étudiants caennais (AGEC). Il sera son représentant au congrès international des étudiants qui se tient à Paris à l'occasion de l'exposition universelle de 1900. En opposition à l'apolitisme syndical absolu, il prône l'engagement politique du syndicalisme étudiant et défend ardemment les libertés et droits des individus.
En 1902, il prête serment d'avocat et s'inscrit au barreau du Havre, dont il fera partie jusqu'en 1932. Il se spécialise alors en droit commercial et maritime, mais il plaide également au civil et au pénal. Il sera deux fois bâtonnier de l'Ordre.
Il fonda un cercle littéraire en 1905 : le Cercle Vallonges.
Le 21 mai 1907, René Coty épouse Germaine Corblet, fille d'un armateur havrais. Elle est de 4 ans sa cadette. Deux filles, Geneviève et Anne-Marie, naissent peu après (en 1908 et 1910).
Bien que réformé, René Coty s'engage en 1914, fait toute la guerre et reçoit la croix de guerre. René Coty fut marqué par les convictions politiques et religieuses de sa famille.
Laïque et démocrate, il s'inscrit dans la ligne de Gambetta, Jules Ferry et Waldeck-Rouseau.
Il fut conseiller d'arrondissement radical socialiste en 1907 et conseiller municipal du Havre en 1908.
En 1910, il fut l'avocat du syndicaliste Jules Durand dans une affaire qui inspira Salacrou dans Boulevard Durand.
Dès 1913, il est conseiller général de Seine-Inférieure.
Engagé volontaire comme homme de troupe lors de la Première Guerre mondiale au 129e Régiment d'infanterie, il participe à la bataille de Verdun avec l'ensemble de la division Mangin.
Député depuis 1923, il s'éloigne du parti radical pour se rapprocher de l'Union républicaine et se joint au groupe des républicains de gauche.
Aidé par Jules Siegfried, député-maire de Havre, il entre au conseil municipal de cette ville, puis à la mort de ce dernier, il prend sa place à la Chambre.
Il est sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur du 13 au 23 décembre 1930 dans le cabinet Théodor Steeg.
En 1935, élu sénateur, René Coty choisit de renoncer à son mandat de député pour siéger au Palais du Luxembourg.
Il critique l'expérience du Front populaire et évolue vers la droite.
Il vote en 1940 pour l'octroi des pleins pouvoirs à Pétain. Inéligible pour cette raison à la libération, il est réhabilité dès 1945 pour son attitude pendant la Seconde Assemblée nationale constituante (1944-46). Il y préside le groupe des Républicains Indépendants. Il cherche alors à renforcer l'exécutif et à accroître les pouvoirs du Sénat.
René Coty est ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme dans le cabinet Robert Schuman du 24 novembre 1947 au 26 juillet 1948.
Vice-président du Conseil de la République en 1948, il approchait de ses soixante-douze ans à la fin de 1953 et on ne pensait guère à lui pour succéder à l'Elysée à Vincent Auriol, premier président de la IVeRépublique. Mais, pour la première fois, alors que jusque là le président de la République était rapidement élu, les scrutins s'éternisèrent : Joseph Laniel, candidat de la droite, n'arriva jamais à obtenir la majorité absolue, nécessaire dans ce genre d'élection. Après le dixième tour il se retira au profit de Louis Jacquinot, lequel fit encore moins bien, passant même au-dessous de son rival socialiste, Marcel-Edmond Naegelen ; il se retira à son tour au profit de René Coty qui, sans être candidat, avait obtenu une dizaine de voix. Cette fois, le nouveau candidat de la droite passa d'emblée à dix voix de la majorité absolue ; on décida de procéder immédiatement au treizième tour et René Coty fut largement élu (23 décembre 1953) pour entrer en fonction le 16 janvier 1954.
La IVeRépublique entérine la "Constitution Grévy", c'est-à-dire une interprétation restrictive des prérogatives présidentielles. De nombreux pouvoirs, attribués au Président par la Constitution de 1875, mais peu utilisés dans la pratique, disparaissent dans la Constitution de 1946. Élu par le Parlement réuni en Congrès, le Président est politiquement irresponsable, l'intégralité de ses actes devant être contresignée par le président du Conseil et les ministres concernés. Il perd l'initiative des lois ainsi que le pouvoir réglementaire et le droit de dissolution, dévolus tous deux au président du Conseil. Il préside, entre autres, sans y exercer de réelles responsabilités, le Conseil des ministres, le Conseil supérieur de la magistrature, le Comité de la défense nationale, l'Union française et le Comité constitutionnel.
Le rôle essentiel du Président est le choix du président du Conseil. C'est un choix qu'il partage avec l'Assemblée nationale, puisque celle-ci doit investir de sa confiance la personne désignée avant qu'elle ne soit officiellement nommée par le président de la République. Celui-ci n'en joue pas moins un rôle important dans le dénouement des nombreuses crises ministérielles. C'est lui, en effet, qui consulte les présidents des chambres et les chefs de partis afin de créer un consensus sur la personnalité pressentie. Ce rôle est d'autant plus délicat que d'une crise à l'autre, le même personnel politique est toujours sollicité, sans alternance véritable. L'autorité morale du Président est primordiale dans la négociation.
A la première crise ministérielle, René Coty appelle Pierre Mendès-France pour succéder à Joseph Laniel. Son choix est ratifié sans réelles difficultés par l'Assemblée nationale. Pierre Mendès-France apprécie l'arbitrage du Président et lui soumet souvent ses projets avant le Conseil des ministres, afin de bénéficier d'un recul qu'il lui est difficile de conserver dans le feu de l'action.
Lorsque le gouvernement Mendès-France tombe, René Coty doit faire preuve d'habileté pour reconstituer une majorité centriste unie et calmer les radicaux, irrités par l'ancien président du Conseil. Il souhaite faire appel à Edgar Faure. Mais pour être certain d'imposer son candidat, il utilise une tactique créée par Vincent Auriol, celle des "tours de piste". Pour donner le change aux différents partis et montrer l'intérêt qu'il leur témoigne, il pressent plusieurs personnalités (Antoine Pinay, Pierre Pflimlin, puis Christian Pineau) dont les chances d'investiture sont faibles.
Il se conduisit avec finesse et dignité, devenant vite très populaire dans le coeur des Français. On fut frappé de l'exclamation de son épouse lorsqu'elle apprit l'élection de son mari : "Et dire que je viens de rentrer mon charbon pour l'hiver!", phrase qui lui valut le mépris des snobs et l'affection du peuple. En effet, le nouveau président de la République doit beaucoup à son épouse, qui devient rapidement une "première dame" très populaire.
René Coty doit faire face à la guerre d'Algérie et à une succession de crises ministérielles, avec six cabinets successifs.
La crise du 13 mai 1958 va précipiter les évènements : des manifestations éclatent à Alger après que la radio a annoncé l'investiture du nouveau cabinet présidé par Pierre Pflimlin. L'immeuble du gouvernement général est pris d'assaut. L'armée tente de rétablir l'ordre. A la tête d'un comité de salut public, le général Massu demande au président de la République la création à Paris d'un gouvernement d'exception. Deux jours plus tard, le général Salan fait acclamer le nom du général de Gaulle.
Mais René Coty souhaite préalablement s'assurer que cette passation de pouvoir se déroulera dans le respect des règles prévues par la Constitution. Aussi, demande-t-il à André Le Troquer, président de l'Assemblée nationale, et à Gaston Monnerville, président du Conseil de la République, de rencontrer l'homme de Colombey afin de s'assurer de ses intentions. Cet entretien secret a lieu dans la nuit du 28 mai. Les trois hommes conviennent que la nouvelle Constitution s'inspirera des principes énoncés dans le discours du général de Gaulle, prononcé à Bayeux en 1946.
Au cours de l'été, Gaston Monnerville se tient constamment en rapport avec les membres du Comité consultatif constitutionnel. Pour défendre au mieux les intérêts de la seconde chambre, il entretient une correspondance suivie avec le garde des Sceaux, Michel Debré, chargé de rédiger l'avant-projet de la Constitution.
Le 28 septembre, le texte définitif est adopté par référendum avec près de 80 % des suffrages exprimés. La Constitution est publiée au Journal officiel le 4 octobre 1958 : la Ve République est née. En décembre 1958, René Coty renonce à se représenter à la magistrature suprême, et le 21 décembre, Charles de Gaulle est élu à la présidence de la République.
Le 8 janvier 1959, il accueille sur le perron de l'Elysée son successeur, le général de Gaulle. René Coty met alors fin à ses fonctions et se retire au Havre.
Après l'Elysée, René Coty choisit volontairement de mener une vie discrète. Il refuse d'écrire ses mémoires et décline systématiquement les propositions qui lui sont faites de participer à des manifestations en France ou à l'étranger.
Il se réinstalle au Havre et fait de fréquents séjours à Paris pour assister aux séances du Conseil constitutionnel dont il est membre de droit ainsi qu'aux réunions de l'Académie des sciences morales et politiques à laquelle il est élu le 16 novembre 1959.
Mais c'est un refus catégorique qu'il oppose au général de Gaulle lors du référendum du 28 octobre 1962 relatif à l'élection du président de la République au suffrage universel, refus qui s'applique tant à la question posée qu'au recours au référendum pour réformer la Constitution.
Il consacre l'essentiel de son temps à sa nombreuse famille : 10 petits-enfants et 12 arrière-petits-enfants et s'adonne aux plaisirs de la lecture, de la musique et de la peinture.
Le 22 novembre 1962, il meurt d'une crise cardiaque à son domicile havrais, à l'âge de 80 ans
Le général de Gaulle prononce son éloge lors des obsèques célébrées au Havre le 27 novembre 1962. Pour caractériser la personnalité de René Coty, il cita La Bruyère : "La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elles lui donnent force et relief" (Charles de Gaulle, Discours et Messages pour l'effort 1962-1965, p. 459).
René Coty était doté d'une riche personnalité et a été l'acteur d'une longue carrière politique. Toute sa vie, il demeura aussi attaché à sa terre natale de Normandie et à sa ville du Havre que soucieux de défendre des convictions fortes, tant sur le gouvernement de la France que sur de nombreuses questions sociales.
Adoptée par René Coty, la devise "En avant avec le sourire", témoigne parfaitement de la façon dont il a souhaité mener sa vie et imprimer sa marque sur les événements.


Madame Coty


Après le mariage de ses filles, Germaine Coty devient rapidement une grand-mère active.
A son arrivée à l'Elysée, elle aménage des chambres pour y recevoir ses petits-enfants et tente de faire des résidences présidentielles des lieux accueillants.
Elle séduit immédiatement les Français par sa simplicité et sa gentillesse. La première dame de France se fait un devoir de répondre immédiatement aux nombreux courriers qu'elle reçoit.
Elle charme les employés de l'Elysée par les petites attentions qu'elle a pour eux.

Le 22 Mai 2005


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