Prix Nobel
Jimmy Carter "Nous devons accepter le changement mais conserver nos principes"
JAMES Earl Carter est né le 1er octobre 1924 à Plains, un petit village de l'Etat de Géorgie. Ses parents, James Earl Carter et Bessie Lillian Gordy, sont fermiers et baptistes pratiquants. Il grandit à proximité, dans la ville d'Archery. Il est admis à l'université de Georgia Southwestern College puis au Georgia Institute of Technology, et obtient le B.S. degree (Bachelor of Sciences) à l'United States Naval Academy en 1946, l'année où il épouse Rosalynn Smith. Ils auront quatre enfants : John William "Jack" (1947), James Earl III "Chip" (1950), Jeffrey Donnel (1952), Amy Lynn (1967).
Carter est un étudiant brillant et termine 59e de sa promotion sur 820 élèves. Jeremiah Denton, héros de la guerre du Viêt Nam et prisonnier de guerre, est l'un de ses camarades de classe. Carter est affecté dans les sous-marins de la flotte atlantique et pacifique des Etats-Unis, et il est ensuite choisi par l'amiral Hyman Rickover pour participer au programme de sous-marins nucléaires. Carter aime la Navy et projette d'y faire carrière ; il a l'ambition de devenir le Chef des Opérations Navales (Chief of Naval Operations). Cependant, à la suite de la mort de son père, en 1953, il démissionne de la marine et se lance dans la culture de l'arachide dans sa ville natale de Plains. Dès son plus jeune âge, Carter manifeste son attachement aux valeurs chrétiennes, et il continue d'enseigner le catéchisme tout au long de sa carrière politique (il est d'ailleurs diacre de l'Eglise baptiste).
Jimmy Carter débute sa carrière politique en faisant partie de la Commission scolaire de la ville de Plains. Dans les années 60, il est élu pour deux mandats au Sénat de l'Etat de Géorgie.
Il fait campagne en 1970, et est élu gouverneur en soutenant le programme électoral de George Wallace. Ses partisans distribuent des photos de son concurrent en compagnie de basketteurs noirs. Il s'engage à renommer au Conseil des Régents de l'Etat, un homme dont les opinions ségrégationnistes sont connues. Il promet que la première décision qu'il prendrait serait d'inviter l'ancien Gouverneur de l'Etat de l'Alabama à s'exprimer en Géorgie. Les ségrégationnistes purs et durs de tout l'Etat soutiennent sa candidature au poste de gouverneur. Néanmoins, une fois élu, Carter déclare dans ses discours que le temps de la ségrégation raciale est révolu, et qu'elle n'a pas de place dans l'avenir de l'Etat. Il est le premier homme politique, avec autant de responsabilités au sein d'un Etat du Sud des Etats-Unis, qui ose tenir de tels propos en public (moins de quinze ans auparavant, ce genre d'opinion aurait pu mettre un terme à la carrière d'un homme politique de cette région comme ce fut le cas pour le maire d'Atlanta Ivan Allen, qui déclara devant le Congrès être en faveur du Voting Rights Act). C'est pourquoi sa victoire attire l'attention car elle est considérée comme le signe d'une évolution. Carter est gouverneur de Géorgie de 1971 à 1975.
Lorsque Jimmy Carter se présente aux élections primaires de 1976 pour obtenir l'investiture du Parti démocrate, on lui donne tout d'abord très peu de chances face à d'autres hommes politiques de renommée nationale. En janvier 1976, il n'est ainsi crédité que de 4 % des électeurs démocrates. Cependant, le scandale du Watergate est encore présent à l'esprit des électeurs et le fait de ne pas appartenir à la classe politique de Washington devient un atout. Il mène une campagne efficace, se montre éloquent lors des débats. Dès la mi-mars 1976, il devance les autres candidats démocrates (Jerry Brown, George Wallace, Mo Udall...) mais aussi le président républicain sortant Gerald Ford dans les sondages. Il est nommé candidat démocrate pour l'élection présidentielle, avec Walter Mondale comme candidat à la Vice-présidence.
Il gagne l'élection présidentielle de novembre avec 50,1 % du vote populaire contre 48 % à Ford et 0,9 % à Eugene McCarthy (indépendant), et 297 votes des délégués contre 240 à son concurrent républicain.
Il est ainsi le trente-neuvième président des Etats-Unis. Il est élu pour un mandat de quatre ans de 1977 à 1981. Son mandat est marqué par d'importantes réussites en politique extérieure dont les traités sur le Canal de Panama, le traité "SALT II" (Négociation sur la limitation des armes stratégiques) avec l'Union soviétique et l'ouverture de relations diplomatiques avec la République populaire de Chine. Il participe surtout de manière décisive à la conclusion des accords de Camp David, signés le 17 septembre 1978 par le président égyptien, Anouar al-Sadate, et par le Premier ministre israélien, Menahem Begin, prélude au traité de paix signé entre l'Egypte et Israël le 26 mars 1979 à Washington. Mais la politique étrangère de Jimmy Carter, marquée par une volonté moralisatrice, trouve ses limites sur les questions afghane et iranienne. En 1980, il est critiqué pour avoir répondu à l'intervention soviétique en Afghanistan par un embargo sur les exportations de blé et le boycott des jeux Olympiques de Moscou, qui restent sans effet. Son impuissance à obtenir la libération du personnel diplomatique pris en otage à l'ambassade américaine de Téhéran (Iran) le 4 novembre 1979 lui fait finalement perdre toute crédibilité.
Jimmy Carter met les droits de l'homme au coeur de sa politique étrangère, rompant avec la politique du gouvernement Nixon, fondée sur la Realpolitik. Le gouvernement Carter met fin au soutien apporté par les Etats-Unis depuis des lustres au dictateur Somoza au Nicaragua et accorde une aide de plusieurs millions de dollars au régime sandiniste.
En politique intérieure, son gouvernement a permis la création du ministère de l'Energie et du ministère de l'Education et a renforcé la législation sur la protection environnementale. Le 15 juillet 1979, Carter s'adresse à la nation entière dans un discours télévisé au cours duquel il parle de la crise de confiance dont souffrirait le peuple américain. Ces propos restent connus sous le nom de discours du "malaise", bien qu'il n'ait jamais utilisé le mot "malaise" dans son texte.
Sur le plan national, le chômage et la hausse des prix deviennent les bêtes noires de Carter. Il oeuvre alors à la stimulation de la production pour lutter contre ces crises. Son gouvernement se penche également sur les sphères écologique et sociale. Mais les conséquences de ces mesures ne sont pas toutes favorables au politicien. Les efforts fournis pour réduire l'inflation aboutissent à une période de récession. Sur le plan intérieur, en opposition avec le Congrès pourtant majoritairement démocrate, Jimmy Carter ne parvient pas à traduire un plan ambitieux de réformes économiques et sociales en législations concrètes. Il réussit cependant à établir un programme énergique visant à réduire la dépendance pétrolière des Etats-Unis en favorisant le développement d'autres ressources énergétiques. A la fin de son mandat, la situation économique du pays reste médiocre, et les taux d'inflation et de chômage ont largement augmenté - le taux d'inflation a atteint son niveau le plus élevé depuis 1945.
A l'approche de l'élection présidentielle de 1980, le candidat républicain Ronald Reagan trouve donc une large audience en faisant campagne sur la nécessité de relancer l'économie, de restaurer la place des Etats-Unis sur la scène internationale et de retrouver les valeurs traditionnelles américaines. Recueillant 41 % des voix, Jimmy Carter est largement battu par Ronald Reagan qui l'emporte avec 51 % des voix, et dont l'investiture, le 20 janvier 1981, coïncide avec la libération des otages détenus en Iran.
Ainsi, à la fin de son mandat, ce qui fut interprété comme de la faiblesse de sa part dans des crises comme celles d'Iran ou d'Afghanistan lui coûta de nombreuses voix, et il ne fut pas réélu.
Depuis son départ de la Maison Blanche, Jimmy Carter s'est proposé en tant que médiateur de conflits internationaux et il met son prestige au service de causes caritatives. En 2002, il reçoit le prix Nobel de la Paix en récompense de ses "efforts pour résoudre les conflits internationaux par des solutions pacifistes, pour faire progresser la démocratie et les Droits de l'homme, et pour promouvoir le développement économique et social". Il se distingue également en littérature, étant l'auteur de nombreux livres.
Jimmy Carter, que l'on surnomme souvent "le meilleur ex-président des Etats-Unis", avec un mélange d'ironie et d'affection, n'en est pas à sa première distinction. Il a déjà reçu le prix des Droits de l'homme des Nations unies en 1998 et la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction américaine, qui lui a été remise par un autre démocrate élu président, Bill Clinton. Mais le Nobel est incontestablement la plus prestigieuse des récompenses que pouvait obtenir cet "infatigable combattant" de la paix. L'hommage qui lui a ainsi été rendu fut d'autant plus symbolique qu'il est arrivé à un moment où George W. Bush, alors locataire de la Maison Blanche, menait une politique guerrière sur la scène internationale, totalement à l'opposé des valeurs pacifistes défendues par Jimmy Carter. Le comité Nobel a d'ailleurs été très clair sur ce point en estimant que l'on "peut et doit interpréter [ce prix] comme une critique de la ligne suivie par l'actuelle administration américaine sur l'Irak".
Oeuvres
- Sharing Good Times
- An Hour Before Daylight : Memories of a Rural Boyhood
- Palestine : Peace Not Apartheid
- The Hornet's Nest : A Novel Of The Revolutionary War
- Keeping Faith : Memoirs Of A President
- La Proie Pour Londres
- Le Guêpier - Le Récit De La Guerre D'indépendance
- Everything To Gain : Making The Most Of The Rest Of Your Life
- Le Meilleur de Nous-mêmes
- Le Sang d'Abraham
- Our Endangered Values : America's Moral Crisis
- We Can Have Peace In The Holy Land
- The Nobel Peace Prize Lecture
- A Remarkable Mother
Citations
- "Qui ne sait pas lire et vit avec un dollar par jour, ne ressentira jamais les bienfaits de la mondialisation."
- "Comme la musique et les arts, l'amour de la nature peut dépasser les frontières politiques et sociales."
- "A moins que les deux parties n'y gagnent, un accord ne saurait être permanent."
- "Si l'amour et la paix prévalent, et que nous apprenons à nos enfants à respecter la nature, les joies et les beautés de ce monde ne périront pas."
- "La mondialisation, c'est bien... L'internet, les téléphones portables, les ordinateurs... toutes ces choses qui ne concernent pas la moitié de la planète !"
- "La poursuite du bonheur, c'est une planète sur laquelle les ressources sont utilisées pour nourrir, physiquement et spirituellement, ses habitants."
- "Nous devons accepter le changement mais conserver nos principes."
- "Nous devons vivre nos vies comme si le Christ allait venir cet après-midi."
28-10-2009
Portrait
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- Raymond Barre, un économiste talentueux
- Lucie Aubrac, une héroïne de la Résistance
- Jacqueline de Romilly : la grande spécialiste de la Grèce antique
- Valéry Giscard d'Estaing : le grand militant de la construction européenne
- Jacques CHIRAC, Président de la République
- Jean-Pierre Moure
Maire PS de Cournonsec et conseiller général de l'Hérault, canton de Pignan. Il est président de la commission solidarité et affaires sociales au Département et président du Centre Communal d'Action Sociale (CCAS).
- Gérard Bouisson
Maire PC de Villeneuve-les-Maguelone et conseiller général de l'Hérault. "J'aime les bandes dessinées. Mes auteurs préférés sont Reiser et Wolinski"
- Michel Fraysse
Maire RPR de Montferrier-sur-Lez (Hérault), il est Vice-président de la Communauté d'agglomération de Montpellier. "Je dois avouer qu'actuellement, les instances au moins régionales du RPR me déçoivent grandement"
- Daniel Constantin
Préfet de l'Hérault, Préfet de la Région Languedoc-Roussillon. "Les jeunes ne savent pas hiérarchiser leurs désirs. Ils ont envie de tout, or on ne peut pas tout avoir en même temps"
- Danièle Santonja
Maire RPR de Juvignac (Hérault), elle est Vice-présidente de la Communauté d'agglomération de Montpellier. "A Juvignac, j'étais la première femme qui devenait conseiller municipal. J'ai alors décidé d'en chercher d'autres, on était sept femmes en tout."
- Cyril Meunier
Maire, sans étiquette, de Lattes (Hérault). Il est vice-président de la Communauté d'agglomération de Montpellier. Il est à son premier mandat de maire.
- Jean-Luc Meissonnier
Maire RPR de Baillargues (Hérault), il est candidat déclaré aux élections législatives sur la troisième circonscription. Histoire d'un cafetier devenu maire.
- Gilbert Pastor
Maire PS de Castries (Hérault). Il est également chercheur en pharmacocinétique.
- Jacques Atlan
Maire PS de Saint Jean de Védas et conseiller général de l'Hérault. Il est Président de la Commission culture au sein du conseil général de l'Hérault. Il est également Vice-président à la Communauté d'agglomération de Montpellier.
- Francis Cros
Maire PS de la Salvetat-sur-Agoût et conseiller général de l'Hérault. Il est également Président de la Communautés de Communes de la Montagne du Haut-Languedoc Héraultais.
- Pierre Maurel
Maire PS de la commune de Clapiers (Hérault). Il est également conseiller général du canton de Montpellier 2.
- Norbert Etienne
Maire PC de la commune de Murviel-lès-Béziers (Hérault) depuis 1995. Il est également conseiller général du canton de même nom.
- Jean-Marcel Castet
Maire PS de la commune de Jacou (Hérault). Il est également conseiller général du canton de Castries.
- Christian Valette
Maire sans étiquette de la commune de Pérols (Hérault) et Vice-Président de la Communauté d'Agglomération de Montpellier.
- Jean-Marie Oustry
Maire de la commune d'Hérépian (Hérault) depuis février 1980. Il est également conseiller général du canton de Saint-Gervais-sur-Mare depuis mai 1993.
- Maurice Requi
Maire PS de la Vacquerie, commune qui existe depuis le 18ème siècle, et qui a annexé la commune de Saint-Martin en 1832, Maurice Requi est également conseiller général du canton du Caylar (Hérault).
- Nathalie LE GALL, conceptrice de l'affiche de la Coupe du Monde de football 98
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