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Du Mercredi 13 au Samedi 30 Novembre 2013



Récompense

Prix des Lecteurs du Livre d'Economie 2004


LE Prix des Lecteurs du Livre d'Economie est une initiative de la Présidence du Sénat.
Au travers d'ouvrages d'économie publiés entre le 1er septembre 2003 et le 30 septembre 2004, qui ont su mêler rigueur et accessibilité, ce Prix des lecteurs a pour ambition de permettre une meilleure compréhension des questions économiques par tous.
Un comité scientifique, composé d'universitaires et de journalistes de premier plan, a sélectionné parmi 75 ouvrages publiés, 10 livres d'économie.
Du 1er au 22 décembre 2004, les utilisateurs du site web du Sénat www.senat.fr ont désigné les 3 finalistes ci-après.
Pour déterminer le lauréat du Prix des Lecteurs du Livre d'Economie 2004, les internautes devront voter lors de la phase finale, du 5 au 19 janvier 2005.


Résultat du vote


Les désordres du travail de Philippe Askenazy a obtenu 11,88 % des voix.
Service public : sortir de l'imposture de Michel Brulé et Michel Drancourt a obtenu 11,36 % des voix.
Le chômage, fatalité ou nécessité ? de Pierre Cahuc et André Zylberberg a obtenu 18,70 % des voix.


Les désordres du travail
Philippe Askenazy
Editions du SEUIL - 98 pages



Philippe Askenazy est économiste, chargé de recherches au CNRS.
Le travail ne va pas bien.
Enquêtes et reportages se succèdent pour souligner un malaise au travail dont le "harcèlement moral", le "stress", la "pénibilité", voire la "souffrance" sont devenus le vocabulaire usuel. Un vocabulaire sous lequel se devine l'opinion commune : il y aurait, d'un côté, le travail d'aujourd'hui où l'on souffre psychologiquement, de l'autre, le travail d'autrefois (les "métiers pénibles") où l'on souffre physiquement.
Philippe Askenazy montre que cette représentation est non seulement erronée mais d'un faible rendement explicatif. Erronée, car les pénibilités physiques augmentent en réalité plus vite aujourd'hui que la "charge mentale" au travail. D'un faible rendement explicatif, car elle renvoie trop rapidement à des mécanismes psychologiques et à des facteurs individuels ce qu'il faudrait en réalité imputer à l'organisation des entreprises. Bref, c'est à la vieille question des rapports entre le capitalisme et le travail qu'il faut revenir si l'on veut y voir plus clair.
L'approche économique permet tout d'abord de quantifier le problème. Aujourd'hui en France, ce sont chaque jour 2 000 personnes qui sont victimes d'accidents du travail nécessitant une interruption d'activité. Cette situation n'est pas seulement dramatique du point de vue humain, elle constitue également une aberration économique : le coût global de ces accidents, cumulé avec celui des maladies professionnelles, s'élèverait à 3 % de la richesse nationale, soit l'équivalent théorique de plus de 10 jours fériés supplémentaires...
D'où vient le mal ? Il est en grande partie le fruit du nouveau productivisme qui a présidé à la réorganisation des entreprises depuis une quinzaine d'années. Dominés par la polyvalence, la responsabilité, l'autonomie..., ces nouveaux modes de production s'annonçaient pourtant comme une bonne nouvelle pour les travailleurs : ils étaient censés alléger la charge physique du travail, desserrer les liens hiérarchiques et faire droit à leur esprit d'initiative. Ce que l'on constate aujourd'hui, c'est que, faute d'avoir sérieusement intégré le facteur humain, ils ont démultiplié la pénibilité du travail.
Si l'Europe est largement touchée par ce phénomène, elle n'est ni la seule, ni la première : les évolutions qui la frappent aujourd'hui ont d'abord frappé les Etats-Unis. En effet, le nouveau productivisme est né outre-Atlantique avant de se développer en Europe. Mais le parallèle a ses limites, car les Etats-Unis sont aujourd'hui en voie de maîtriser le problème alors que les Européens le voient se développer dramatiquement sans réagir. Si les entreprises françaises avaient le niveau de prévention de leurs homologues américaines, ce sont 600 accidents par jour qui pourraient être évités, et une vie tous les trois jours qui serait sauvée.
L'exemple américain ne relève pas du miracle, mais de la combinaison de forces de marché très dynamiques et d'une liberté d'information infiniment plus grande qu'en Europe. Imagine-t-on, de ce côté-ci de l'Atlantique, que l'inspection du travail mette en ligne sur Internet les résultats de ses enquêtes en citant nommément les entreprises concernées ? Imagine-t-on que les assureurs en tirent des conclusions logiques et fassent payer lesdites entreprises ? Imagine-t-on que les salariés aient accès à ces dossiers et prennent par là la mesure collective du problème ? C'est pourtant la combinaison de tous ces facteurs qui a conduit les entreprises américaines à réévaluer l'intérêt de la prévention, de la sécurité, de l'ergonomie, du bien-être au travail.
Comparée à ce qui s'est passé dans le "temple du productivisme", la situation européenne, et singulièrement française, est marquée par l'indifférence de l'Etat, l'insensibilité du patronat et l'atonie des politiques. Et, au total, par la casse humaine, d'un côté, et l'aberration économique, de l'autre.


Service public : sortir de l'imposture
Michel Brulé et Michel Drancourt
Editions LATTÈS - 314 pages



Michel Brulé fut l'un des inventeurs des opérations d'estimation en temps réel des résultats d'un scrutin, avec l'IFOP et Europe 1. Il a créé en 1970, avec Jean-Pierre Ville, l'institut BVA (Brulé, Ville associés) et commenté sur l'antenne d'Europe 1 l'actualité de l'opinion publique. Il tient aujourd'hui dans la revue Sociétal une chronique de l'opinion sous le titre "le moral des Français".
Michel Drancourt est économiste, ancien rédacteur en chef du magazine Entreprise. Il fut commissaire à l'industrialisation (Lorraine) et animateur de l'Institut de l'Entreprise. Il est notamment l'auteur de La fin du travail et d'une Histoire de l'entreprise de l'antiquité à nos jours.
Classes moyennes contre riches, jeunes contre vieux, familles contre célibataires...
Plusieurs fractures sociales françaises sont régulièrement évoquées. Mais la plus criante d'entre elles demeure celle du secteur public et du secteur privé. Mais le tabou est encore loin d'être brisé ! D'un côté, un bon quart des Français actifs combine sécurité de l'emploi, durée de travail réduite, pensions de retraite précoces et confortables tout en étant désormais mieux payés (sauf tout en haut de la pyramide des responsabilités) que leurs homologues du privé. De l'autre, les trois quarts de notre population active subissent les risques et contraintes de l'économie de marché, sans en retirer vraiment les bénéfices, largement préemptés pour financer les privilèges des premiers...
La France est donc divisée en deux cultures distinctes : l'une régie par le principe de réalité - les richesses doivent être créées avant d'être distribuées - l'autre par la logique du pays de cocagne, du trésor caché et des "droits acquis"...
Comment sortir de cette impasse et éviter aux générations futures le poids de la passivité des politiques ?
Tout n'est pas perdu. Il y a notamment beaucoup à attendre de ce que d'autres pays ont fait en la matière. Le temps presse.


Le chômage, fatalité ou nécessité ?
Pierre Cahuc et André Zylberberg
Editions FLAMMARION - 198 pages



Pierre Cahuc est professeur d'économie à l'université Paris-I (Panthéon Sorbonne), professeur chargé de cours à l'École polytechnique et chercheur au Centre de recherche en économie et statistique (CREST).
André Zylberberg, directeur de recherche au CNRS, est membre de l'Équipe universitaire de recherche en économie quantitative (EUREQua) de l'université Paris-I (Panthéon Sorbonne), où il enseigne l'économie.
Chaque jour, en France, 10 000 emplois sont détruits... et 10 000 emplois sont créés. Un surprenant phénomène qui concerne tous les pays industrialisés.
Connu depuis peu d'un petit cercle d'experts, il bouleverse la manière de penser le chômage, mais aussi les politiques pour le combattre. Reste à le faire connaître au public, quitte à bousculer les idées reçues : non, le chômage n'est pas une fatalité liée à la mondialisation et au capitalisme financier ; non, un bon salaire n'est pas toujours l'ennemi de l'emploi ; non, la législation sur les licenciements ne protège pas l'emploi ; non, il ne faut pas beaucoup attendre de la formation professionnelle ; non, le travail ne se "partage" pas, car il se recompose par d'incessants mouvements de créations et de destructions d'emploi.
A ce titre, si paradoxal que cela puisse paraître, le chômage est nécessaire : il est indispensable à la croissance. Voilà ce qu'enseignent les recherches les plus récentes, fondées sur des enquêtes de terrain conduites en France et dans de nombreux pays. Il est urgent d'évaluer les résultats des politiques publiques d'emploi à la lumière de ces découvertes.
Car le temps n'est pas encore venu de dire que l'on a "tout essayé" pour combattre le chômage.

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