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La Fête de la Citoyenneté
Du Mercredi 13 au Samedi 30 Novembre 2013



Entretien
Danièle Santonja
Maire RPR de Juvignac (Hérault)

"Les contribuables sont les premières victimes de la bataille autour de la Communauté d'agglomération de Montpellier."



Danièle Santonja, maire RPR de Juvignac (Hérault), est également Vice-présidente de la Communauté d'agglomération de Montpellier.

La Citoyenneté :
L'actualité, ce sont aussi les élections législatives. Sur la deuxième circonscription, dont Juvignac fait partie, la presse parle de plus en plus d'une droite divisée et pulvérisée. Qu'en pensez-vous ?
Danièle Santonja : Elle n'est pas pulvérisée. Pour l'instant, elle est divisée. C'est Paris qui doit trancher pour déterminer quel sera le candidat officiel de la deuxième circonscription. Dans toutes les circonscriptions, il y a des candidats qui se présentent. Bien entendu, il y a une bagarre, parce que les hommes - les femmes moins - se déchirent entre eux pour avoir les investitures de leurs partis.

La Citoyenneté : A propos de la loi SRU sur les logements sociaux, dernièrement vous avez montré votre mécontentement, parce qu'on ne vous a pas comptabilisé un certain nombre d'habitats ?
Danièle Santonja : Il s'agit des logements sociaux en accession à la propriété. N'ont été comptabilisés que ceux qui ont moins de dix ans. Je suis désolée, mais une commune comme Juvignac a vraiment démarré son urbanisme par développement de logements sociaux qu'on refuse de prendre en compte, car moi, j'ai mon quota de logements sociaux. En effet, les personnes qui habitaient le quartier de la Paillade à Montpellier et qui n'avaient pas les moyens, ont réussi à avoir une petite maison où elles vivent tranquillement.
Nous avons aussi d'autres logements sociaux que nous sommes en train de construire. Moi, je suis pour faire des HLM sur la commune, puisque nous en avons à peu près 500. Nous avons un lotissement qui doit démarrer, d'à peu près 5 ou 6 hectares, dont un hectare est réservé aux logements sociaux, en accession à la propriété, parce que je pense que les gens sont heureux d'avoir une maison qui leur appartient.
Donc, je ne comprends pas cette loi qui va défavoriser le logement en accession à la propriété. C'est une loi qui, pour moi, est antisociale. Par conséquent, ce n'est pas aux énarques parisiens, qui ne sont jamais sur le terrain, de décider des lois et de demander aux maires de les appliquer, sans pour autant leur demander leur avis, alors que ce sont les maires qui sont sur le terrain. Ce n'est pas à Paris de décider, parce que nous, les maires, nous savons ce que les personnes concernées veulent.
En plus, la loi SRU, je l'ai anticipée à partir de 1988. Par exemple, à Fontcaude qui est un lotissement où il y a des villas qui coûtent entre 2 et 4 millions de francs, il y a des logements sociaux. C'est-à-dire que j'ai fait un mixage de l'habitat, je n'ai pas voulu qu'il y ait les riches d'un côté et les pauvres de l'autre. D'ailleurs, je n'ai aucun problème de délinquance avec les gens qui habitent les logements sociaux.
A Paris, ils nous ont pondu la loi SRU avec une mixité. Là, je suis tout à fait d'accord, c'est ce qu'il faut faire. Mais avec ce qu'ils veulent nous imposer maintenant, c'est-à-dire de faire des logements sociaux à outrance, en peu de temps, nous risquons de nous retrouver comme dans les années soixante, en faisant des ghettos d'habitats sociaux. J'ai dit que c'est une loi imbécile. Il faut demander que dans chaque lotissement et dans chaque programme, on prévoie des logements sociaux, et non pas pénaliser les communes immédiatement. On avait dit qu'on pénaliserait les communes si, au bout d'un certain nombre d'années, elles ne font pas d'habitat social, ce que je comprends. Mais qu'on nous laisse le temps de faire ce travail intelligemment, au lieu de nous imposer les choses.
Nous allons payer 360 000 francs de pénalités, or ce n'est pas nous qui payons, c'est le contribuable. Et ce que nous allons payer d'un côté ne sera pas réalisé de l'autre. Ces360 000 francs, j'ai l'intention de demander au Préfet de les mettre sur le compte des logements sociaux que nous allons réaliser.
Il y a des maires à qui il manque 500 logements sociaux. Que vont-ils faire ? Des quartiers comme la Paillade ? Ce n'est pas l'esprit de la loi et ce n'est pas ce qu'on doit faire.
Je ne suis pas la seule à penser ainsi. Je fais partie de la commission d'urbanisme à l'association des maires de France, à Paris, où je suis montée dernièrement. Il y avait une trentaine de maires de tous bords. Nous étions unanimes. Avec cette loi, on risque vraiment de se retrouver avec de la délinquance aux portes des grandes villes.
Vous savez pourquoi Montpellier n'a pas de pénalité ? Parce qu'elle a des logements étudiants qui sont comptabilisés dans les logements sociaux. Nous, les communes périphériques, nous ne sommes pas à proximité des facultés. A un moment donné, je voulais faire des logements étudiants à Intercentre. C'est sympathique, les étudiants mettent de l'ambiance dans la ville. Mais les promoteurs m'ont dit que ceux-ci ne viendront pas jusqu'ici. Quand il y aura le réseau de bus TAM, ce sera alors possible.

La Citoyenneté : Le 13 mars, le Tribunal Administratif va examiner un certain nombre de recours contre la Communauté d'agglomération de Montpellier. Georges Frêche est pessimiste. Quel est votre point de vue ?
Danièle Santonja : Tout comme la loi SRU, la loi sur l'intercommunalité est mal faite. Ce sont des lois qui ont été faites trop rapidement et qui n'ont pas été assez pensées. Ils font trop de lois en peu de temps. Monsieur Frêche le disait, la loi est mal faite.
Finalement, c'est la république des juges, parce que comme la loi est mal faite, les juges jugent bien entendu en leur âme et conscience, mais vous pouvez avoir des jugements différents par rapport aux différentes structures intercommunales. Donc, on en arrive à des lois qui sont attaquables, parce qu'elles ne sont pas assez complètes. Ainsi, c'est laissé à l'appréciation du Préfet, à celle des juridictions administratives. C'est le flou intégral, on ne peut pas avancer comme ça.
Peut-être aurait-il fallu agir autrement avec les communes, mais on ne peut pas refaire l'histoire.
Nous sommes arrivés à un point où ce qui serait vraiment navrant, c'est que la Communauté d'agglomération de Montpellier soit dissoute, et que nous soyons maintenant en Communauté de communes. Parce que si cela arrive, les dotations seront bien inférieures à celles que nous devrions avoir. Là où ça pose un réel problème, c'est que nous avons engagé au niveau de l'agglomération des frais importants avec le TAM, qu'il faut payer tout cela, et que ça risque d'avoir des répercussions sur l'augmentation des impôts, ce qui serait catastrophique.

La Citoyenneté : Qui assume au niveau politique ?
Danièle Santonja : Le problème, c'est que ceux qui assument, ce sont les contribuables. C'est cela qui est scandaleux. Il ne faut pas que les contribuables soient pénalisés.
Moi, je veux bien une Communauté d'agglomération à 15, mais il ne faut pas qu'on ait un produit qui soit bien inférieur à ce qu'on attendait.

La Citoyenneté : A qui attribuez-vous les responsabilités, aux "anti-agglo" ou aux "pro-agglo" ?
Danièle Santonja : Il y a des personnes qui sont en dehors de la Communauté d'agglomération et qui doivent y rentrer si les choses se passent telles que le Préfet les a prévues. Il est tout à fait normal que quelqu'un se défende en disant qu'il ne veut pas rentrer dans la Communauté d'agglomération. Mais d'un autre côté, les 15 communes de l'ancien District de Montpellier, dont fait partie Juvignac, ont formé une Communauté d'agglomération à 15. Qu'on nous laisse ainsi, afin que nous puissions toucher les dividendes nécessaires à une Communauté d'agglomération. Alors que si nous passons en Communauté de communes, nous aurons une diminution de moitié des dotations.

La Citoyenneté : Autrement dit, vous dites aux "anti-agglo" d'attaquer la Communauté d'agglomération à 38 mais pas à 15 ?
Danièle Santonja : Exactement. D'ailleurs, je le leur ai dit de vive voix.

Juvignac, le 05-03-2002

Lire aussi :
Portrait de Danièle Santonja
Question à Danièle Santonja

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